Essai Lynk & Co 02 2026 : Le SUV électrique qui n’a pas froid aux watts
Lynk & Co ne joue plus les seconds rôles. Après avoir testé le terrain européen avec son 01 hybride rechargeable et son modèle par abonnement atypique, la marque sino-suédoise passe à l’offensive électrique. Design affirmé, propulsion de 272 ch, technologie omniprésente et tarif contenu. Sur le papier, la promesse est sérieuse.
Avec ses 4,46 m de long et son empattement de 2,75 m, le 02 s’inscrit au cœur du segment des SUV compacts. Mais visuellement, il se démarque. Silhouette fastback, pavillon plongeant, épaules marquées : le 02 assume son côté SUV coupé. À l’avant, la signature lumineuse en forme de « h » impose une identité forte. Les projecteurs principaux, placés plus bas dans le bouclier, renforcent l’effet technologique. À l’arrière, le bandeau lumineux horizontal et les feux tridimensionnels donnent une vraie présence, avec un soupçon d’inspiration premium. La base technique partagée avec le Zeekr X (groupe Geely, comme Volvo, Polestar ou Smart) est évidente, mais le 02 affiche un caractère propre. Il ne cherche pas l’unanimité et c’est plutôt une qualité.
Un intérieur minimaliste… parfois à l’excès
À bord, l’ambiance est épurée, presque scandinave dans l’approche. Les matériaux sont valorisants, l’assemblage sérieux, la présentation flatteuse. On évolue clairement dans un registre semi-premium. Face au conducteur, un combiné numérique de 10,4 pouces. Au centre, un grand écran de 15,4 pouces qui concentre l’essentiel des commandes. Climatisation, aides à la conduite, réglages. Tout ou presque passe par l’interface tactile et on aime ou pas. Graphiquement moderne et fluide, le système n’est pas aussi ergonomique que ça jusqu’au moment où l’on cherche une fonction précise. Désactiver certaines aides impose plusieurs manipulations. À l’usage, cela manque encore de simplicité. Une mise à jour logicielle pourrait facilement corriger le tir.
Malgré sa ligne fuyante, le 02 ne sacrifie pas ses passagers. L’espace arrière est confortable, notamment aux jambes, grâce à l’empattement généreux. Le coffre affiche un correct 410 litres, extensibles à 1 400 litres une fois la banquette rabattue. Ce n’est pas un record, mais c’est cohérent avec le positionnement et le style. Dans le détail, Lynk & Co soigne le quotidien avec de nombreux équipements de confort comme la double recharge à induction avec maintien, des ports USB-C jusqu’à 60 W, des rangements intelligemment répartis. Le 02 se montre pratique et bien pensé.
Sur la route, l’efficacité avant tout
Sous le plancher, un moteur de 200 kW / 272 ch et 343 Nm entraîne les roues arrière. Le 0 à 100 km/h est abattu en 5,5 secondes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À l’accélération, la poussée est immédiate et franche. L’architecture propulsion apporte un bel équilibre et une motricité saine. Avec 1 820 kg sur la balance, le 02 reste dans la norme du segment. Pour autant, il ne joue pas les SUV sportifs. La direction manque un peu de remontées d’information et l’ensemble privilégie la stabilité et la progressivité. La conduite est fluide, très maîtrisée et trop policée. En revanche, le confort est une vraie réussite. Même équipé de jantes de 20 pouces, le 02 absorbe correctement les imperfections et se montre agréable sur longs trajets. Il a clairement été calibré pour la polyvalence. La batterie NMC de 66 kWh annonce jusqu’à 445 km WLTP en finition More (435 km en Core). Lors de notre essai, avec 21,7 kWh/100 km de moyenne, l’autonomie réelle s’établissait plutôt entre 320 et 350 km avec une. Conduite en bon père de famille. Côté recharge, 150 kW en pic en courant continu permettent un 10-80 % en environ 30 minutes. Ce n’est pas une référence absolue en efficience, mais l’ensemble reste cohérent au regard des performances proposées.
Et finalement on en pense quoi ?
Le Lynk & Co 02 ne cherche pas à révolutionner le segment du SUV compact électrique. Il propose autre chose avec un design affirmé, une dotation généreuse, des performances solides et un positionnement tarifaire bien calibré. Tout n’est pas parfait avec une ergonomie perfectible, des aides à la conduite parfois envahissantes, une autonomie simplement correcte et une conduite sans saveur particulière, mais l’ensemble est cohérent et abouti, surtout à moins de 40 000 euros, le constructeur signe une proposition sérieuse.
Photos Laurent SANSON
Laurent SANSON
Journaliste rédacteur-photographe spécialisé automobile et sport - Négociant en virages et images.