Le Mercedes GLC n’est pas seulement un SUV premium parmi d’autres. C’est depuis plusieurs années l’un des modèles les plus importants de la marque à l’étoile et l’un de ses principaux succès commerciaux dans le monde. Pour Mercedes, l’arrivée de cette nouvelle génération 100 % électrique représente donc un enjeu considérable dans un marché du SUV premium en plein bouleversement avec l’offensive des marques chinoises.
Après plusieurs années de transition parfois compliquées pour la gamme électrique EQ, la firme de Stuttgart semble avoir retenu les leçons du passé. Plus désirable, plus efficiente et plus technologique, cette nouvelle génération du GLC électrique inaugure une plateforme entièrement inédite et ouvre une nouvelle page de l’histoire de Mercedes. Il était temps car la concurrence est désormais rude et les nouveaux entrants, les marques chinoises, n’ont aucun d’âme par rapport aux marques historiques.
Un vrai GLC avant tout
Premier constat en le découvrant, Mercedes n’a pas cherché à révolutionner le style du GLC. Là où certains modèles électriques de la marque avaient pris leurs distances avec les codes traditionnels Mercedes, ce nouveau SUV assume pleinement son héritage. On retrouve immédiatement les proportions du GLC thermique avec toutefois un empattement plus long destiné à optimiser l’habitabilité et l’intégration de la batterie. La face avant marque l’une des principales évolutions stylistiques. Mercedes réinterprète sa célèbre calandre avec une mise en scène lumineuse particulièrement réussie. L’étoile centrale, le contour ainsi que la grille s’illuminent et renforcent la présence visuelle. À l’arrière apparaît une nouvelle signature lumineuse constituée d’un bandeau qui préfigure l’identité visuelle des futures Mercedes électriques. Notre version AMG Line apporte la touche de dynamisme supplémentaire avec des boucliers spécifiques aux grosses entrées d’air latérales, de grandes jantes et une présentation plus sportive sans tomber dans l’excès.
À bord, le GLC franchit un nouveau cap technologique
Au premier coup d’oeil on en prend plein les yeux avec l’immense planche de bord façon écran de 39 pouces qui s’étend sur 99,3 centimètres de large et constitue tout simplement le plus grand écran actuellement proposé sur le marché automobile. Piloté par le nouveau système d’exploitation MB.OS, l’Hyperscreen se révèle particulièrement réactif et agréable à utiliser au quotidien. Onze styles d’affichage sont disponibles afin de personnaliser l’expérience utilisateur selon ses préférences. Malgré cette débauche de technologie, Mercedes n’oublie pas les fondamentaux avec une qualité de présentation et de finition qui demeure l’une des références du segment premium.
Une nouvelle base technique très ambitieuse
Le GLC 2026 inaugure la plateforme MB.EA-M, destinée aux futurs modèles électriques de taille intermédiaire de Mercedes. Une architecture qui servira également de base à la prochaine Classe C électrique. Cette nouvelle génération repose sur une architecture électrique 800 volts, devenue aujourd’hui incontournable dans le haut de gamme, disons même la norme, pour optimiser les performances énergétiques et la recharge. Sous le plancher prend place une batterie de 94 kWh. Associée à deux moteurs électriques, un sur chaque essieu, elle développe une puissance cumulée de 489 ch. Particularité rare sur le marché des électriques, Mercedes adopte une boîte de vitesses à deux rapports. Cette solution permet d’optimiser le rendement énergétique à vitesse élevée tout en préservant les performances lors des accélérations.
Au volant c’est douceur et efficacité
Dès les premiers kilomètres, le GLC affiche clairement sa personnalité et entre les portions rapides, les traversées de villages et les cols aux virages serrés, le nouveau GLC a rapidement démontré l’étendue de ses compétences sur un terrain de jeu au départ pas vraiment favorable à sa masse et son gabarit. Contrairement à certains concurrents qui privilégient un comportement très dynamique, Mercedes reste fidèle à sa philosophie historique, soit le confort avant tout mais avec dynamisme grâce à la puissance et au couple qui catapulte l’engin d’un virage à l’autre avec aisance. Les relances en sortie de virage sont particulièrement vigoureuses grâce aux 489 ch disponibles immédiatement, tout comme les accélérations. Pourtant, jamais le GLC ne cherche à se transformer en SUV sportif. Il privilégie une conduite fluide, sereine et particulièrement efficace. Bien suspendu, la suspension pneumatique Airmatic absorbe avec une remarquable efficacité les irrégularités de la route et même en mode Sport ça reste extrêmement confortable. Les quatre roues directrices jouent un rôle essentiel dans l’agrément de conduite. En ville et dans les petits villages savoyards, elles réduisent sensiblement le rayon de braquage et donnent l’impression de conduire une compacte, surtout entre deux murets. Sur route, elles renforcent au contraire la stabilité et en montagne, le plaisir est total avec une belle précision de conduite. Malgré un poids conséquent inhérent à la technologie électrique, le GLC se montre agile et précis et on sait exactement ou l’on met ses roues. Le centre de gravité abaissé par la batterie contribue à limiter les mouvements de caisse.
Agile sur la route et hors des sentiers battus
Ce nouveau GLC électrique ne se contente pas d’être uniquement un SUV électrique taillé pour la route et les beaux quartiers, il sort aussi des sentiers battus et offre de belles capacités d’évolution en tout-chemin. Grâce à sa suspension pneumatique, la hauteur de caisse s’élève sur simple demande jusqu’à 3 cm, permettant ainsi une évolution plus sécurisante dans les chemins, même dégradé comme lors de notre escapade hors bitume. Bien aidé par sa transmission intégrale 4Matic, il évolue en douceur et propose toujours une motricité adaptée avec sa transmission intégrale qui repose sur une gestion intelligente des deux moteurs électriques. Dans la majorité des situations, seul le moteur arrière assure la propulsion afin de privilégier l’efficience énergétique. Le moteur avant intervient instantanément lorsque les conditions d’adhérence ou les accélérations l’exigent. Les longues descentes des cols permettent également d’apprécier le travail du freinage by Wire et de la récupération d’énergie. Le système gère avec intelligence les phases de régénération et contribue à optimiser l’autonomie sans perturber le conducteur et on peut faire joujou avec les palettes en gérant la régénération qui participe aussi au freinage, sans même mettre le pied sur le frein.
Une autonomie de référence
Mercedes a visiblement fait de l’efficience une priorité. Avec une consommation homologuée de seulement 14,9 kWh/100 km, le GLC figure sur le papier parmi les SUV électriques les plus sobres de sa catégorie. Dans la vraie vie de notre essai, nous étions plus proche des 18/19 kWh/100 km, ce qui reste un chiffre remarquable et autorise une autonomie de plus de 450 km, un seuil qui parle et comme la recharge est ultra-rapide sur une borne adaptée, rouler en longue distance en électrique devient de moins en moins un problème.
Et finalement on en pense quoi du nouveau Mercedes GLC EQ ?
Le nouveau GLC 400 4Matic réussit là où Mercedes était particulièrement attendue. Plus séduisant que les précédents modèles électriques de la marque, doté d’une autonomie remarquable, d’une recharge ultra-rapide et d’un niveau technologique impressionnant, il inaugure avec brio la nouvelle génération électrique de la firme à l’étoile. Mercedes ne cherche pas à réinventer le SUV premium, la marque perfectionne simplement la recette qui a fait le succès du GLC depuis près d’une décennie. Et à l’arrivée, elle signe probablement l’un des SUV électriques les plus complets et les plus convaincants du marché actuel.
Photos Laurent SANSON
Laurent SANSON
Journaliste rédacteur-photographe spécialisé automobile et sport - Négociant en virages et images.